HISTOIRE
DU VILLAGE DE VALBONNE
Comparé
aux habituels villages provençaux, Valbonne se révèle
particulièrement original.
Construit
proche de son abbaye, elle-même située au bord
de la Brague, il se trouve à l'extrême limite
nord de son territoire. Conçu et créé
au XVIèmesiècle par Don Taxil,
Prieur de l'Abbaye, il a la forme d'un grand rectangle coupé
de rues parallèles et perpendiculaires, autour d'une
place centrale. Des quatre portes qui s'ouvraient au milieu
de chaque côté, il ne reste que celles du nord,
du sud et de l'ouest.
La
création du village répondait à une
nécessité évidente de peuplement pour la mise
en valeur des terres de l'abbaye. Partout aux alentours
les mêmes efforts ont déjà commencé.
Mais Don Taxil, soutenu par l'évêque de Grasse
a trouvé une solution originale : passer par l'intermédiaire
d'investisseurs qui construiront le village. Contre prestations
en nature ils loueront les maisons et les terres qui y sont
attachées à des paysans, venus principalement
du Haut Pays, qui cultiveront le patrimoine foncier.
Dans
un acte d'habitation,
Don Taxil, esprit cultivé et méticuleux, précise
non seulement les droits et surtout les devoirs des nouveaux
habitants mais aussi les détails de la construction,
selon un "cahier des charges" rigoureux qui devra
être respecté.
C'est
ce village, au plan si rationnel, qui est parvenu presque
sans changement jusqu'à nos jours.
Autour
de la place centrale, entourée d'arcades au XVIIème
siècle, 5 rues descendant du nord au sud, 10 rues
d'est en ouest, larges de 2 canes, (environ 4 mètres),
se croisent à angles droits, formant ce plan en damier
qui donne à Valbonne vue du ciel, cette image si
caractéristique.
La même rigueur se retrouve dans le plan des maisons
hautes et étroites. Un rez-de-chaussée servait
de remise et éventuellement d'étable, remises
qui de nos jours se retrouvent en semi sous-sol, en raison
de l'élévation du niveau de la rue. Par un
étroit escalier, on accède au premier étage
à la "salle", pièce à vivre,
à manger, à cuisiner avec son âtre et
son "potager". Au dessus se trouvent les chambres,
et enfin le grenier où s'entreposaient les réserves
hissées à l'aide d'une poulie, dont quelques-unes
se voient encore.
L'abbatiale
devient église paroissiale. Elle sera pourvue au
XIXème siècle d'un clocher qui
dénature un peu le style chalaisien. De même,
la "maison commune" devenue mairie va s'orner
d'un beffroi et d'une horloge.
En
1609, on sait qu'il y a au village ou à proximité,
un four communautaire, des artisans, quelques moulins à
farine et à huile. Proches du village, les "canebiers"
fournissent le chanvre et le lin. Situés le long
de la Brague, ils sont faciles à arroser.
Car
le gros problème est déjà, et sera
longtemps, celui de l'eau.
La
Brague et le réservoir des moines furent longtemps
les seuls points d'eau. Avec l'augmentation de la population
et le ruissellement des eaux usées du village, le
réservoir devint vite inutilisable. Au XVIème
siècle, une fontaine abreuvoir fut construite en
contrebas et à l'extérieur du village, alimentée
par une source maigrelette. Il faudra s'en contenter, sauf
à être détenteur privilégié
d'un puits, jusqu'en 1836 date de l'inauguration de la "fontaine neuve "
et de son abreuvoir qu'on voit encore à côté
de l'ancienne mairie. 
Dès
le XVIème siècle Valbonne s'est
choisi des armoiries "d'azur à palme d'or".
Aussi, à la Saint Blaise, l'orne-t-on à ses
couleurs, de brassées de mimosa ponctuées
d'iris bleus.
